L’acronyme BARF (Biologically Appropriate Raw Food : en français une alimentation biologiquement appropriée) se résume à assumer la responsabilité de la nourriture de nos animaux - notamment chiens et chats - et qui, partant d’une idée simple et logique pourtant, suscite inévitablement des réactions de toutes sortes… que je trouve, pour ma part, souvent surprenantes.
En effet, on peut choisir de ne pas vouloir nourrir son ou ses chiens de façon "naturelle" et opter pour la solution industrielle; finalement tout le monde reste absolument libre de ses choix - d’autant plus quand il s’agit de nos animaux qui, en vérité, on fort peu à dire sur ce que nous décidons pour eux (tout, en réalité)…
Ce qui est étonnant par contre, c’est que les "anti" Barf ou "pro" croquettes (en tous cas certains) ressentent un besoin apparamment impérieux non seulement de critiquer cette méthode - qui pourtant enchante tous ceux qui s’y sont mis - mais de jouer aux "terroristes" prévoyant les pires horreurs… Occlusions, perforations, les éternelles "carences" sont autant de spectres qu’on agite devant le nez des "barfeurs" ou aspirants barfeurs pour les dissuader de continuer dans cette voie dissidente.
Passons sur les considérations "esthétiques" (longueur des babines qui sont "mâchouillées" souvent, parfois quand les toutous grugent des os) et "ménagères" (ce n’est pas propre…) qui, à mes yeux n’entrent pas en ligne de compte…. Si on part du principe que le chien n’est PAS un objet décoratif et qu’on est prêt à lui accorder une vraie place dans nos vie, une place qui ne se limite pas à une simple gratification de notre plaisir et qui se fonde sur ses "vrais" besoins, psychiques et physiques, ces réticences tombent d’elles-mêmes…
C’est comme si je vous disais qu’un enfant qui mange une purée de carottes se salit… certes, mais les carottes, c’est bon pour bébé et peu de mères vont faire l’impasse sur cet intéressant apport de vitamines pour ne pas avoir de taches sur les bavettes flambant neuves…
Non, le chien n’est PAS un enfant et il appartient à une autre espèce - justement - il est un carnivore que ça nous arrange ou pas et a des besoins fondamentaux alimentaires ou non (renifler, rencontrer des congénères, courir, bouger, mastiquer et bien d’autres) que nous devrions, dès lors que nous avons décidé de prendre un chien, nous attacher à respecter… au mieux de nos possibilités.
Alors pourquoi tant de fougue contre le Barfing?
Je pense pour ma part, après longue réflexion, que nous avons souvent du mal - à notre époque - à prendre nos simples responsabilités… Je m’explique: nous voici devant un chiot de 8, 10 ou 12 semaines, parfois notre premier chien… On ne sait pas grand chose de lui finalement et on ignore presque tout de ses besoins… Tous les propriétaires de chiens ne s’intéressent certainement pas au comportement animal dans sa globalité… Si c’était le cas, il y a aurait sûrement moins d’animaux abandonnés dans les refuges.
Le vétérinaire vous affirme que les croquettes (qu’il va vous vendre la plupart du temps) sont "la" meilleure solution pour votre toutou tout neuf… et, en plus, vous avez aujourd’hui un choix de produits qui est carrément "cocasse"… mini croquettes pour bébés, pour junior, pour medium, pour vieux, pour poils longs, pour chiens sensibles et mêmes pour toutes les races différentes ou presque… de quoi répondre formidablement aux attentes de la clientèle (la clientèle ce sont les humains, pas les chiens…).
Donc, quand vous faites l’acquisition de croquettes "super mini" pour York femelle de trois mois, généralement très chères d’ailleurs, vous êtes un "bon" propriétaire, ça ne fait pas un pli.
Avant toute chose - vous faites comme TOUT LE MONDE, ce qui est très sécurisant… ensuite, vous avez l’aval du vétérinaire, ce qui est déculpabilisant et, finalement, si votre chien présente ensuite des allergies, des pellicules ou un cancer à 5 ans - vous ne serez pas RESPONSABLE voyons, car vous aurez fait comme on vous a dit!!!
Vous êtes un BON propriétaire… Au passage, vous n’avez pas à vous poser de questions (même si parfois vous vous demandez pourquoi votre York femelle démontre aussi peu d’enthousiasme devant "ses" croquettes ciblées… ne sait-elle pas lire cette petite???).
Notons au passage que le chien, pour beaucoup d’humains, ne doit pas "gêner"… Il doit gratifier, faire plaisir, être un "bon" chien (dans le style de Murphy dont vous trouvez l’histoire sur mon site… je vous incite à aller le lire et à le méditer) mais ses besoins ne doivent en aucun cas interférer avec les nôtres, il doit prendre le moins de "place" possible pour mériter l’appellation de "bon chien"…
Prendre en main l’alimentation de son animal c’est avant tout se pencher avec INTERET sur cet être vivant qui partage notre vie et notre quotidien… c’est AVANT TOUT le prendre en considération… c’est se demander "qui es-tu, de quoi as-tu donc besoin?". Une fois qu’on a entamé ce processus de pensée, cette démarche, on ne peut plus regarder son chien de la même façon…
Chez moi, ce fut une révélation… Je n’ai pas grandi avec des animaux, encore moins avec des parents qui les aimaient - mes parents étaient plutôt du style à se soucier de la propreté immaculée de la moquette - et j’ai dû faire un long chemin avant de rencontrer "le chien"… et d’y comprendre, enfin, quelque chose.
Quand on est enfin dans cette optique on ne peut manquer de se poser des questions… à savoir pourquoi autant de céréales dans les croquettes pour chien? pourquoi toute cette éternelle pulpe de betteraves (fibres), la cuisson à très haute température, les conservants, les additifs chimiques, les colorants parfois… tout ceci ne peut en aucun cas constituer une nourriture optimum…
A ce moment là, si on décide de prendre l’alimentation de son animal en main - on décide en général d’aller contre l’avis du véto (et ça, c’est très difficile à faire, probablement le plus difficile d’ailleurs), parfois contre l’avis de l’éleveur qui vous "livre" bébé chien avec son petit paquet publicitaire gratuit de croquettes et la recommandation de vous en tenir à cette marque pour le restant des jours de votre bébé chéri… et SURTOUT ET AVANT TOUT contre le consensus général….
Le consensus général, ce qu’on appellerait communément "faire comme tout le monde" est, encore une fois, extrêmement commode… si tout le monde fait "ça" …ça ne peut être si mal que ça, logique.
Pourtant, comme le disait mon prof de philo "ne pas faire comme les autres, c’est neuf fois sur dix faire mieux qu’eux"…
En décidant de se poser des questions, on est amené à prendre des décisions - donc on devient responsable. Du coup, l’alimentation de votre chien est entre VOS mains et plus entre celle de l’industrie agro alimentaire… vous n’êtes plus "couvert" par les découvertes soi-disant savantes de l’institut "machin" aux USA qui fait des "recherches" (pour le compte des fabricants, évidemment) pointues sur l’alimentation animale…
Etre responsable ça fait tout de suite un peu peur… si le chien va mal, ce sera votre "faute" et on pourra éventuellement vous blâmer… Vous vous exposez, vous vous fragilisez.
Moins simple d’être soi-même et d’avoir le courage de ses idées…