
Rien à voir avec les chiens mais ceux qui auront le malheur de me fréquenter dans les prochaines semaines (ou mois, années et même, va savoir, décennies?) sauront au moins pourquoi je vire neurasthénique (merci par avance de votre indulgence)… J’arrête de fumer (ça me terrorise rien que de le dire…).
La Gentille Docteure (oui, oui - on dit doctoresse mais je n’aime pas ce mot) qui m’a suivie lors de ma récente maladie a insisté par de subtils moyens terroristes qui ont su m’inspirer… (insuffisance respiratoire et autres joyeusetés).
"Encore" me dira-t-on… En effet, mon entourage proche a connu ma période Zyban, ma période patches à la nicotine, ma période Zyban+patches à la nicotine, ma période "je ne rentre plus dans mon jean et je pleure", mes insomnies, mes crises de déprime et d’angoisse… toutes les petites et grandes joies qui récompensent le fumeur repenti et nouvellement vertueux (à qui on demande en général "ah, tu te sens mieux depuis que tu as arrêté de fumer?" - alors qu’on se sent une loque sans vie et qu’on médite sombrement le suicide…). Au point où, pendant ces périodes de sevrage, il m’est arrivé de voir distinctement dans les yeux de ma progéniture un regard halluciné (mais poli) du style "est-ce vraiment ma mère cette hystéro?"… (si, si).
A l’exception de mes grossesses et de mes longues périodes d’allaitement, j’ai toujours vécu la cigarette à proximité immédiate… sauf pendant mes quelques tentatives régulièrement avortées (par mes prises de poids en général). Je fume quand je me réveille en me maquillant et je fume encore le soir quand je lis ou que je regarde la télé (entre deux, je fume encore). Je fume quand j’ai la grippe, quand je tousse, quand je suis dehors, quand je travaille… je fume même dans mon bain (eh oui…). Bref, je suis une vraie, horrible, irréductible fumeuse (et dans notre société anti-tabac il faut avoir du cran pour avouer ce vice dans toute sa splendeur). Et ça va faire trente ans que ça dure… (ce qui, évidemment, ne me rajeunit guère mais on va dire que j’ai commencé très tôt).
Si une seule autre personne vient doctement m’expliquer que "tout est question de volonté" je ne suis pas sûre de lui laisser la vie sauve (à bon entendeur). La volonté étant un concept difficile à déterminer avec exactitude, j’ai quand même décidé de me faire suivre par le corps médical - cette fois - question de limiter au mieux les fameux avantages du fumeur repenti (voir plus haut).
Donc - demain commande auprès de la pharmacie de cette belle molécule supposée inhiber le plaisir que me procurent mes trop nombreuses clopes quotidiennes et début de prise le lendemain, selon le programme de la Gentille Docteure. Arrêt officiel de la clope programmé pour le 4 août prochain.
Il me reste dix jours de fumeuse… ceux qui voudraient garder un souvenir de la vraie moi, épanouie et sereine (oui, enfin, à peu près) sont donc priés de me contacter avant le 4 août (et puis plus jamais…).
J’ai décidé de tenir mon journal de sevrage tabagique (très recommandé par tous les psy), que vous restez absolument libres de zapper par ailleurs (de toute façon, c’est purement thérapeutique).
Ah oui… j’oubliais: je pèse aujourd’hui 50 kilos. Je tiens à l’écrire noir sur blanc (ou vert sur rose) pour si jamais un jour ce chiffre devait me paraître totalement irréel.
On en reparle dans dix jours… et si je me faisais hypnotiser en plus?