La presse française nous apprend que l’ex-président de la République Chirac se fait présentement mordre par son chien (un Bichon Maltais prénommé Sumo) qui se languirait (dixit Bernadette) des fastes du palais et des parcs de l’Elysée…
Outre à réaliser que les grands de ce monde ne craignent pas le ridicule (mais ce n’est pas un scoop ça), on peut légitimement se demander quel est ce travers que nous avons, nous humains, de vouloir absolument faire véhiculer par nos animaux domestiques nos frustrations, notre mal-être, nos névroses : car, en effet, et à votre avis, qui s’étiole loin des caméras, de la reconnaissance sociale, qui souffre d’avoir cédé sa place (à un type même pas mieux que lui en plus)?
A mon sens, ce n’est le chien… et vous, vous en pensez quoi?

Un autre article, pathétique celui là, sur des chiens largués en très piteux état dans une SPA en Valais par des individus dont j’ignore tout (jamais vu, ni croisés, ni entendu parler d’eux pour ma part avant de lire cet article). Si ma fibre sociale naturelle m’a d’abord interpellé sur la détresse humaine, il s’avère que ces personnes non seulement n’en sont pas à leur coup d’essai mais, au contraire, seraient déjà à la recherche de nouveaux reproducteurs (bref, des chiens) pour relancer leur sinistre commerce (pourtant de toute évidence pas très florissant).

Je suis franchement avide d’avis psy pour m’éclairer sur ce besoin compulsif de vivre en faisant souffrir d’autres êtres vivants? A quel point l’être humain peut-il se détester soi-même pour nier à un animal un quotidien décent, pour s’avouer qu’il n’est pas apte à en détenir?
Les animaux, et plus spécifiquement nos chiens et nos chats, sont-ils l’exutoire idéal d’une cruauté qui n’est sévèrement réprimée que si elle s’exprime au sein de notre propre espèce? Nous fournissent-ils une forme particulière de sadisme, de destruction qui est moins sévèrement réprimé par la justice que si on s’avisait de détruire le bien public?
Les animaux domestiques, des animaux captifs et livrés à l’humain : il y a parfois de quoi frémir…